Σάββατο, 6 Αυγούστου 2011

Le kit anticrise de la Génération 592 €



Alors que la Grèce croule sous les dettes, que la crise gangrène tout le système, la jeunesse a mis au point un véritable système low cost. La preuve par sept.

On l’appelait la Génération 700 €. En pleine crise, et assaillie par des mesures d’austérité, la jeunesse grecque est désormais devenue la Génération 592 €, c’est-à-dire le salaire moyen d’un premier emploi chez les moins de 25 ans. Et encore faut-il avoir un travail, alors que le taux de chômage –pour cette même catégorie d’âge– atteint aujourd’hui 42% en Grèce. Face à ce marasme généralisé, les jeunes battent régulièrement le pavé, et, au quotidien, ont mis en place un véritable kit anticrise.


1. Ils retournent chez papa-maman
Le rôle des parents en Grèce a toujours été capital, en particulier parce que la solidarité familiale a longtemps permis de pallier la disparition des aides sociales. Dans l’actuel climat d’insécurité, le retour au bercail parental devient la norme. À l’image d’Athanasia, 30 ans, qui avait pourtant fait le grand saut il y a trois ans. “Louer un appartement c’était goûter à l’indépendance”, explique la jeune femme dont le rêve tourne court: “Quand on m’a virée parce que je ne pouvais plus payer le loyer, je n’avais pas le choix. Il m’a fallu rentrer chez mes parents pour améliorer mon budget.” En 1995, les filles quittaient la maison à l’âge de 25 ans. En 2011, elles ont, en moyenne, 27 ans. Quant aux garçons, ils attendent désormais d’avoir 30 ans pour partir, au lieu de 28 ans, comme il y a 10 ans.

2. Ils optent pour la colocation
C’est une révélation pour les Grecs, même si, par le passé, cette solution n’était guère populaire: de plus en plus de jeunes choisissent de louer un logement à deux (ou à trois). À 27 ans, Alexandros vient tout juste de finir son service militaire, journaliste au chômage, il cherche du travail et habite avec un colocataire. “C’est ma sœur qui a insisté pour que je trouve quelqu’un pour partager un appart. C’était impensable pour moi, mais si je ne l’avais pas fait, aujourd’hui, je serais obligé de quitter Athènes et de rentrer dans ma famille en Crète.”

3. Ils préfèrent le vélo à l’auto
On lui a imposé la vie en vélo”, dit-on maintenant en Grèce pour décrire le système D de la jeune population. Pendant longtemps, les Grecs préféraient circuler en voiture, mais avec le coût de l’essence (+ 50% en 2 ans) et l’augmentation des taxes de circulation, les ventes de voitures sont en chute libre de 50% par rapport à 2010. Ce qui a permis aux cyclistes de trouver leur place dans les villes. Lors des élections régionales, un candidat à la mairie d’Athènes, Giorgos Amiras, qui a fondé sa campagne sur le tous en deux roues, a même réuni 7% de votes, le reflet d’une réelle sensibilité écologique, notamment chez les plus jeunes.

4. Ils quittent Athènes
Depuis les années 70, la Grèce doit affronter une désertion massive de ses campagnes. Sur les 10 millions d’habitants que compte le pays, quasiment la moitié vit à Athènes. Si la crise a eu un effet bénéfique, ce sera le seul: selon la Fédération nationale des agriculteurs, le nombre de jeunes qui veulent se lancer dans l’aventure agricole est en hausse. Beaucoup d’entre eux quittent la capitale et rejoignent les Cyclades, la Crète ou la Grèce du Nord.

5. Ils achètent tout sur le Net
Les achats via Internet explosent littéralement. Mariée depuis deux ans, Catherine, 29 ans, a entièrement meublé son intérieur en commandant sur le Web. “On a tout trouvé à moitié prix. Nous avons facilement économisé 500 euros”, [soit, rappelons-le, environ un mois de salaire pour un jeune, ndlr]. Les sites e-shops se sont multipliés en même temps que les magasins baissaient leur devanture les uns après les autres. Les spécialistes estiment qu’une entreprise sur deux fermera ses portes d’ici la fin de l’année.

6. Ils se disent “oui” à la mairie
Le mariage religieux est une cérémonie sacrée pour les Grecs. Dans les années 80, seuls 9% des Hellènes se marient civilement. En 2011, les jeunes gens qui s’unissent à la mairie sont deux fois plus nombreux que ceux qui prennent le chemin de l’église. La raison? Le coût! Entre la robe de mariée, les fleurs et les bijoux qui accompagnent traditionnellement un mariage religieux, et les 15 euros réclamés pour régler la licence d’une union civile, le choix est vite fait.

7. Ils partent au bout du monde
La conversation la plus fréquente des jeunes grecs? Trouver le moyen de quitter le pays pour aller chercher un travail à l’étranger. Même si l’on ne peut pas franchement parler d’une vague d’immigration, tout en Grèce favorise ce désir d’ailleurs. Parmi les destinations, l’Australie est la terre d’asile qui obtient le plus de suffrage. Selon un récent sondage, un jeune sur deux âgé de moins de 30 ans pense émigrer. Comme Pinio. À 30 ans, elle a décidé de partir. Psychologue de formation, impossible pour elle de trouver du travail. Son copain, Antonio, est Espagnol et se retrouve face à la même situation: “Nous ne pouvons pas vivre ensemble en Grèce et l’Espagne n’est pas une option. Nous partirons pour la Nouvelle-Zélande à la fin d’août.”

Lefteris Savvidis, à Athènes 
*Δημοσίευση για το γαλλικό περιοδίκό BE σχετικά με του Έλληνες και τον τρόπο που αντιμετωπίζουν την κρίση.  

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